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Guide complet

Bilan hormonal en cas d'aménorrhée : quels dosages et comment lire ses résultats

Julia

JuliaAncienne aménorrhéique, fondatrice

Mis à jour le 31 mai 2026

Votre médecin vous a prescrit une prise de sang avec une liste d'abréviations — FSH, LH, prolactine, TSH, estradiol — et vous ne savez pas vraiment à quoi elles correspondent ? C'est parfaitement normal. Le bilan hormonal est l'étape centrale du diagnostic d'une absence de règles : c'est lui qui permet de comprendre pourquoivotre cycle s'est arrêté.

Dans ce guide, nous décryptons chaque dosage, le bon moment pour le faire, les conditions de prélèvement à respecter, et surtout comment se lisent les grands profils de résultats. Ce bilan s'inscrit dans le parcours global de l'aménorrhée secondaire : il vient après l'élimination d'une grossesse et l'examen clinique.

Quel bilan hormonal faire en cas d'aménorrhée ?

Le bilan de première intention associe cinq dosages essentiels — FSH, LH, prolactine, TSH et estradiol— auxquels s'ajoutent systématiquement un test de grossesse (bêta-hCG) et, en cas d'acné ou de pilosité excessive, un dosage de testostérone. Ce panel oriente vers les cinq grandes causes : origine hypothalamique, SOPK, hyperprolactinémie, trouble thyroïdien et insuffisance ovarienne.

Quand faut-il faire ce bilan ?

Le délai avant de consulter

Un bilan se justifie après 3 mois sans règles si vos cycles étaient réguliers, ou 6 moiss'ils étaient déjà irréguliers (AAFP, 2019). Ces seuils correspondent à la définition de l'aménorrhée secondaire. En présence de signes d'alerte (troubles visuels, maux de tête, écoulement mammaire), il ne faut pas attendre.

Le bon timing : un point souvent mal compris

En temps normal, un bilan hormonal se prélève en début de cycle, entre le 2e et le 4e jour. Mais en cas d'aménorrhée, il n'y a justement pas de cyclepour servir de repère. Conséquence : le bilan peut être réalisé à n'importe quel moment. Inutile d'attendre des règles qui ne viennent pas — c'est une erreur fréquente qui fait perdre des semaines.

Comment bien préparer son prélèvement

Faut-il être à jeun ?

Le jeûne n'est pas indispensable pour les dosages hormonaux eux-mêmes. Il est parfois demandé par commodité lorsque d'autres paramètres (glycémie, bilan lipidique, insuline) sont prélevés en même temps. Suivez l'indication portée sur votre ordonnance.

Prolactine : les précautions à ne pas négliger

La prolactine est très sensible au contexte du prélèvement. Pour éviter un résultat faussement élevé :

  • Restez au repos 20 à 30 minutes avant la prise de sang
  • Évitez le stress, un trajet précipité ou un effort juste avant
  • Évitez toute stimulation ou palpation des seins le matin du prélèvement
  • Signalez les médicaments en cours (certains augmentent la prolactine)

Les dosages de première intention, un par un

Chaque hormone explore un étage différent de l'axe reproducteur, du cerveau jusqu'aux ovaires.

FSH et LH

Ces deux hormones sont sécrétées par l'hypophyse pour stimuler les ovaires. Elles permettent de situer le problème : si elles sont basses, l'origine est plutôt « centrale » (cerveau) ; si la FSH est élevée, ce sont les ovaires qui ne répondent plus.

Prolactine

Un excès de prolactine bloque l'ovulation. Une valeur élevée fait rechercher un adénome de l'hypophyse, un effet médicamenteux ou une hypothyroïdie.

TSH

La TSH dépiste un trouble de la thyroïde, hypothyroïdie comme hyperthyroïdie, qui peut à lui seul dérégler le cycle.

Estradiol

C'est le principal œstrogène. Un estradiol bas traduit une mise au repos des ovaires et explique certains symptômes (sécheresse, impact sur les os).

Testostérone et bêta-hCG

La testostérone est dosée en cas d'acné ou de pilosité excessive, pour rechercher un SOPK. La bêta-hCG, enfin, élimine définitivement une grossesse — toujours la première cause à écarter.

DosageCe qu'il explorePiste évoquée
FSH / LHAxe cerveau-ovairesOrigine centrale ou ovarienne
ProlactineHypophyseHyperprolactinémie
TSHThyroïdeDysthyroïdie
EstradiolActivité ovarienneCarence œstrogénique
TestostéroneAndrogènesSOPK
Bêta-hCGGrossesseCause n°1 à éliminer

Comment lire les grands profils de résultats

Ce n'est pas une valeur isolée qui compte, mais la combinaison des résultats. Voici les profils typiques — à confirmer toujours avec votre médecin.

FSH et LH basses, estradiol bas

C'est le profil d'une origine centrale, le plus souvent une aménorrhée hypothalamique fonctionnelle (stress, déficit énergétique, sport intensif). Le cerveau a mis la reproduction en pause.

LH élevée, rapport LH/FSH augmenté

Associé à une testostérone élevée et souvent une AMH haute, ce profil évoque un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).

FSH élevée, estradiol bas

Quand la FSH est franchement élevée (confirmée sur deux prélèvements à quelques semaines d'intervalle), on évoque une insuffisance ovarienne précoce. Les ovaires ne répondent plus aux signaux du cerveau.

Prolactine ou TSH anormales

Une prolactine élevée oriente vers une hyperprolactinémie (et fait souvent demander une IRM hypophysaire) ; une TSH anormale signe un trouble thyroïdien. Ces deux causes sont parmi les plus faciles à traiter.

Les examens de seconde intention

Selon les premiers résultats, votre médecin peut compléter le bilan :

  • AMH (hormone antimüllérienne) estime la réserve ovarienne, utile pour le SOPK et l'insuffisance ovarienne
  • Échographie pelvienne visualise les ovaires et l'endomètre
  • IRM hypophysaire en cas d'hyperprolactinémie, pour rechercher un adénome
  • Caryotype en cas de suspicion d'insuffisance ovarienne avant 30 ans

Et après le bilan ?

Le bilan hormonal n'est pas une fin en soi : c'est l'outil qui permet d'identifier la cause, puis d'agir dessus. Une fois la cause connue, la prise en charge devient ciblée et le pronostic est le plus souvent favorable. Pour comprendre la suite du parcours et les options selon chaque cause, consultez notre guide de l'aménorrhée secondaire et la page dédiée aux causes de l'aménorrhée. Pensez aussi à protéger votre santé osseuse en cas de carence œstrogénique prolongée.

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FAQ : vos questions sur le bilan hormonal

Le bilan hormonal de première intention comprend la FSH, la LH, la prolactine, la TSH et l'estradiol, complétés par un test de grossesse (bêta-hCG) et souvent un dosage de testostérone en cas de signes d'hyperandrogénie. Ce panel permet d'orienter vers les grandes causes : origine hypothalamique, SOPK, hyperprolactinémie, trouble thyroïdien ou insuffisance ovarienne. Selon les résultats, des examens de seconde intention peuvent être ajoutés (AMH, échographie pelvienne, IRM hypophysaire, caryotype).

Le jeûne strict n'est pas indispensable pour la plupart des dosages hormonaux (FSH, LH, estradiol, prolactine, TSH), mais il est souvent demandé par commodité si d'autres paramètres (glycémie, bilan lipidique, insuline) sont prélevés en même temps. Le point le plus important concerne la prolactine : il faut éviter le stress, l'effort et la stimulation des seins avant le prélèvement, et rester au repos 20 à 30 minutes, car ces facteurs peuvent faussement l'élever.

Habituellement, un bilan hormonal se prélève en début de cycle (entre le 2e et le 4e jour). Mais en cas d'aménorrhée, il n'y a justement pas de cycle pour servir de repère : le bilan peut donc être réalisé à n'importe quel moment. C'est un point souvent mal compris — il n'est pas nécessaire d'attendre des règles qui ne viennent pas. Seul compte le respect des conditions de prélèvement, notamment pour la prolactine.

Pas totalement. Un bilan de première intention normal est rassurant et oriente souvent vers une cause fonctionnelle (par exemple une aménorrhée hypothalamique débutante), mais il peut nécessiter d'être complété. Certaines causes demandent des examens spécifiques : échographie pelvienne, AMH, IRM hypophysaire ou caryotype. L'interprétation doit toujours être faite par un médecin, en tenant compte de votre histoire et de votre examen clinique.

En France, lorsqu'il est prescrit par un médecin dans le cadre du bilan d'une aménorrhée, le dosage des principales hormones (FSH, LH, prolactine, TSH, estradiol) est pris en charge par l'Assurance Maladie. Certains dosages plus spécifiques, comme l'AMH, ne sont pas toujours remboursés en dehors d'un parcours d'assistance médicale à la procréation. Demandez conseil à votre médecin ou au laboratoire.

Sources scientifiques

  1. Amenorrhea: An Approach to Diagnosis and Management — Klein DA et al., American Family Physician, 2019(PMID: 31259490)
  2. Functional Hypothalamic Amenorrhea — Endocrine Society Clinical Practice Guideline, 2017(PMID: 28368518)
  3. ACOG Committee Opinion — Current Evaluation of Amenorrhea, 2017
  4. Secondary Amenorrhea — StatPearls, NCBI/NIH, 2024
  5. Manuel MSD — Aménorrhée : classification et diagnostic
  6. ESHRE Guideline — Management of women with premature ovarian insufficiency, 2024(PMID: 39001280)